Général (2s) Jacques de Lambert

Retour

Général (2s) Jacques de Lambert

(JPG)

Jacques de Lambert [1], né le 7 septembre 1932, au Mans dans la Sarthe, vit aujourd’hui en retraité actif à Dinard, où il réside depuis plus de trente ans. Impliqué dans de nombreuses associations, c’est dans l’armée française qu’il a suivi son unique vocation : être soldat.

A l’image de ses illustres ancêtres, il a fréquenté le Prytanée militaire de La Flèche, puis la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr (Promotion « Ceux de Dien-Bien-Phu ; 1953-1955) à Coëtquidan, avant de monter en grade jusqu’à finir général.

A sa sortie de l’ESM , il choisit l’artillerie car il voulait être parachutiste et cette voie lui semblait la plus facile... En octobre 1955, il rejoint l’École d’Application de l’Artillerie de Châlons-sur-Marne. Mais la situation politique se compliquant en Algérie, il rejoint l’Afrique du Nord dès le fin de février.

Il intègre alors le 20ème Groupe d’Artillerie Parachutiste (GAP) qui venait d’être créé en Algérie avec les éléments du groupe de marche du 35ème Régiment d’Artillerie Légère Parachutiste (RALP). Il va alors effectuer son brevet parachutiste à l’Ecole des Troupes Aéroportées (ETAP) à Pau pendant trois mois. A peine la formation terminée, il est dirigé vers le Constantinois. Il est affecté à la 1ère Batterie, à Lannoy (aujourd’hui Djendel) près de Bône. Il y commande une section.

Au quotidien il part à la chasse aux fellagas, en patrouillant, sur la base de renseignements fournis.

En juillet 1956, lorsque Nasser nationalise le Canal de Suez, il rejoint l’Algérois pour former la 10ème Division Parachutiste aux ordres du Général Massu. C’est alors que commence la préparation d’une grande opération à venir à Suez (Récit détaillé à voir - bientôt - sur ce lien).

Son fait d’armes restera, incontestablement, son saut en parachute sur Port-Saïd lors de la crise de Suez, en 1956, alors qu’il n’a que 24 ans.

En février 1957, au cours d’une longue permission, il retrouve une amie d’enfance qui, par la suite, deviendra sa femme.

En mars 1957, il revient en Algérie au 20ème GAP, à Oued-El-Alleug (au sud-ouest d’Alger). Il est affecté à la Batterie de Commandement et des Services.

En mai 1957 il est muté au « Second Régiment Parachutiste : le 35 ». Il est affecté à la 1ère Batterie du 35 R.A.L.P., à Aïn Kechra, dans le Constantinois. La situation en Algérie ayant bien changé, on parle bel et bien maintenant de « Guerre d’Algérie ». Il participe alors à des opérations en appuis d’unités implantées sur le territoire (zone, secteur, quartier) - 7è RTA, 15è RTS, 51èRI, 23è RI pour le Constantinois - ou celles de « Réserve Générale » en renfort, comme nous.

Il part en stage à Châlons-sur-Marne pour devenir « spécialiste radar anti-mortiers ».

Il se marie le 24 janvier 1958 à Morlaix (Finistère).

A l’été 1958, toujours au 35ème RALP , à Aïn Kechra, à l’arrivée au pouvoir du Général de Gaulle, il rejoint Tarbes en France. Il prend le commandement par intérim de la 2ème batterie du CI 35. Il a un premier fils le 2 novembre 1958. Il rejoint l’Algérie en août 1959.

Il est affecté au 14ème Régiment de Chasseurs Parachutistes, en tant que chef de section de mortiers lourds, au Camp Péhau, à Philippeville (aujourd’hui Skikda) où il est très souvent en opérations. Son deuxième fils naît à cette époque, en son absence, car les opérations se succèdent et son régiment se fait particulièrement remarquer...

Cloué au lit, il échappe à un combat, conduit par son adjoint où le régiment perd vingt et un gradés et parachutistes. Son adjoint est mort à l’endroit où il aurait dû se trouver....

Le régiment est mis au repos. Il est titulaire d’une permission et rejoint Dinard avec son épouse. Pendant ce temps son régiment est impliqué dans le putsch des généraux, il échappe ainsi à la prison où ses camarades sont conduits. Son régiment est dissous et ses éléments dispersés. Il est cependant lourdement sanctionné par l’administration militaire...

Muté à nouveau au 35ème RALP, il ne rejoint pas son affectation, mais il se retrouve à Coëtquidan pour encadrer la première promotion d’élèves de l’école Militaire Inter-Armes (EMIA), créée par le Général de Gaulle, en juin 1961.

Sa famille et lui-même sont mis sous surveillance Son 3ème fils naît le 5 août 1961.

Il suggère aux élèves, anciens parachutistes, un chant de tradition sur l’air de la marche de la garde consulaire, la « prière du para » d’André Zirnheld comme texte.

Il se décide à préparer le concours de l’école d’état-major et le réussit. Il intègre l’école d’état-major à Paris (1962-1963).

Après cette période où il profite de la vie de famille, tout en étant encore surveillé pour l’aide apportée à ses camarades en prison,

Il choisit de rejoindre le 2ème Corps d’Armée de Coblence à l’été 1963. Il est affecté au « troisième bureau » qui a la charge de l’engagement tactique des forces. Maîtrisant parfaitement l’anglais, l’allemand et l’arabe, il a notamment accompagné le général dans toutes les manœuvres franco-américaines, franco-allemandes, celles de l’OTAN...

Il l’a aussi accompagné le jour où il est allé rendre visite au grand commandant de l’OTAN pour lui annoncer que l’armée française se retirait du commandement militaire de la force intégrée. Un événement politique majeur (mars 1966).

En 1963 naît son quatrième fils alors qu’il est en « stage d’appui aérien » à Baden. Il poursuit cette formation dans le cadre de l’OTAN à Ramstein.

Après trois années passées en Allemagne, il doit effectuer son temps de commandement de batterie. En 1967, il est affecté dans un régiment interarmes expérimental,, le 1er Régiment de Dragons de Lure (Haute-Sâone) dont il commande la batterie, tout en portant les attributs de cavalier. Au bout d’un an l’expérimentation cesse et il est muté à Belfort en 1968 avec sa batterie qui devient 2ème batterie du 74ème Régiment d’Artillerie de Brigade.

Alors qu’il est en manœuvre à Suippes, éclatent les événements de mai 1968. Le trafic ferroviaire étant totalement interrompu, seuls les officiers et les véhicules légers rejoignent Belfort et participent au maintien de l’ordre à la sortie des usines Peugeot de Sochaux, où restent consignés au quartier, jusqu’à la fin du mois de juin, quand il récupère enfin ses canonniers et ses matériels restés à Suippes.

Il rejoint ensuite Beauvais (1968-1972) pour un nouveau temps d’état-major à la 4ème Brigade (celle qui fût commandé par le jeune général Pétain en 1914). Il sert au troisième bureau et se prépare à l’École de Guerre. Sa fille Victoria naît alors qu’il est en stage de préparation à Amiens.

A la brigade, motorisée, on se consacre à la Défense Opérationnelle du Territoire (DOT) pour harceler l’ennemi déjà présent. Il pratique le saut en parachute au sein d’un club : en 1971, il y subit un grave accident ; il reste plâtré pendant deux mois sur une planche de bois.

Le 8 mai 1972, compte tenu de ses états de service, il est fait chevalier de l’Ordre National du mérite.

Il intègre à l’école Supérieure de Guerre (1972-1974). Il y vit deux années très enrichissantes en ambiance interarmées et en effectuant de nombreux voyages et visites. Naît alors son sixième enfant, Thomas. Ce qui le prive de la visite au Liban, à quelques mois de la guerre civile.

Il sert à l’état-major des Armées de 1974 à 1977. Grâce à sa pratique des langues il est affecté à la Division des Relations Internationales, comme correspondants des attachés de défense français en Europe, Amérique du Nord et en Afrique du Sud.

Puis vient le moment de son « temps de troupe » d’officier supérieur - étant lieutenant-colonel. Il est d’abord commandant en second au 40ème RANA (de 1977 à 1979), à Suippes. Le régiment le plus décoré de France avec la Médaille militaire et neuf citations à sa Croix de Guerre.

Il commande ensuite le 61ème Régiment d’Artillerie de Morhange, celui des Diables Noirs, de 1979 à 1981, le seul régiment d’artillerie décoré de la Légion d’Honneur. Il amène ce régiment à un haut niveau opérationnel et commémore le 70ème anniversaire du Régiment avec panache.

Il est appelé par l’inspecteur de l’artillerie à le suivre à Rennes pour devenir son officier de relations publiques (ORP, de 1981 à 1985, à l’état-major de la région. Le poste étant déjà tenu, il est d’abord sous-chef d’état-major, chargé : d’un Bureau Personnel pour la gestion des officiers et sous-officiers, d’un Bureau Instruction au profit des cadres des régiments de réserve (mis sur pied à partir des régiments d’active) et un Bureau Opération. Puis au bout d’un an, il rejoint l’Hôtel de Corbin, résidence du commandant de la 3è Région militaire, où il va rester trois années et être « le plus heureux colonel de l’Armée de Terre ».

Au mois de septembre 1985, il rejoint Offenburg comme « adjoint sol-sol » au commandant de l’artillerie du 2è Corps d’armée, où 12 formations attendaient leur nouveau chef. Il est nommé général de brigade à 57ans au moment de ses adieux à l’armée de terre en septembre 1989. Il est pourtant affecté en mobilisation comme général adjoint opérationnel au général commandant le 31è Division Militaire Territoriale de Bretagne (PC à Rennes) jusqu’à sa suppression vers 1995.

Ses grades successifs : Sous-lieutenant : 1957-1959 Lieutenant : 1959-1963 Capitaine : 1963-1971 Chef d’escadron : 1971-1977 Lieutenant-colonel : 1977-1981 Colonel : 1981-1989 Général : 1989

Ses décorations dans les Ordres : Légion d’honneur : CH en 1972 - OFF en 1988 Ordre National du mérite : CH en 1969 ; OFF en 1983 ; Commandeur : en 2002.

(JPG)

En 1998, il est fait commandeur de l’Ordre National du Mérite, en présence d’une délégation de l’EMIA, à Dinard, là où il réside désormais.

Pour autant il est loin d’être inactif, consacrant son temps à de nombreuses associations tant civiles que militaires, sujet déjà abordé en introduction..

Retour

[1] administrativement de Lambert des Champs de Morel


Forum