L’organisation de l’Artillerie > Tome B- Approches détaillées > 6- Organisation du XIXè siécle > E- L’artillerie pour la Revanche (1871-1914) > E1- Réactions à une guerre perdue >
3- Autres nouveautés
 

Les fusées d’obus

Les insuffisances des fusées françaises avaient été signalées dès avant 1870. Toutes les fusées nouvelles devront avoir un mécanisme de fonctionnement percutant.

L’adoption du chargement, par la culasse, d’obus ceinturés supprimant le vent, la partie fusante des fusées à double effet sera allumée dorénavant au départ du coup par un système fonctionnant par inertie.

Le Comité étudia une vingtaine de modèles proposés par divers inventeurs. Il le fit avec sa minutie, sa prudence et sa lenteur habituelles. En 1877, trois inventeurs seulement restaient en compétition. A partir des modèles qu’ils avaient présentés, l’École de pyrotechnie mit au point les fusées à fonctionnement par inertie qui furent adoptées : la fusée percutante de campagne modèle 1875, la fusée percutante de siège et place modèle 1878, les fusées à double effet de 25 modèle 1880 et, pour les obus de gros calibre, la fusée à double effet de 40mm modèle 1880.

Les poudres

Le capitaine d’artillerie Castan, de la poudrerie du Bouchet, réalisa des poudres noires à grains denses qui, après des essais par la Commission des bouches à feu, en 1874, furent adoptées pour les canons : ces poudres A donnaient des vitesses initiales très régulières alors que les poudres noires B du Chassepot étaient trop brisantes pour les bouches à feu.

Castan présenta ensuite une poudre A en grains plats, convenant aux canons de campagne et dite alors C, ainsi qu’une poudre, dite SP, pour les pièces de siège et place.

Des essais ont été effectués, à la même époque, pour obtenir une explosion plus forte que celle de la poudre noire contenue dans l’obus. Le fulmi-coton, le picrate de potasse et la dynamite ont été rejetés.

M. Sarrau, professeur à l’École polytechnique, et M. Roux, Directeur des poudres et salpêtres, entreprennent des études pour trouver une solution.

En 1876, tous les services de poudres [1] sont regroupés au ministère de la Guerre ; mais ils quittent définitivement le Service de l’artillerie et sont représentés, à l’administration centrale, par une 6e direction. Le Service de l’artillerie abandonne alors toutes les poudreries, sauf celle du Bouchet qu’il conserve comme laboratoires d’études.

Les armes portatives - Le fusil Gras

Le Service de l’artillerie devait aussi étudier le remplacement du Chassepot. Ce fusil était jugé satisfaisant pour le calibre, le poids, la justesse et la rapidité de tir ; mais il présentait un encrassement rapide, des ratés au premier coup et même des départs prématurés occasionnant des accidents ; de plus, la cartouche en papier se détériorait facilement durant les transports.

On procéda d’abord à des essais de cartouches métalliques de plusieurs modèles. En 1873, le capi- taine Gras, alors adjoint au secrétaire du Comité de l’artillerie et futur président de ce Comité, présente un fusil modèle 1866 modifié pour tirer des cartouches métalliques. Les essais effectués sur cette arme dans des régiments d’infanterie donnent satisfaction, et le fusil Gras est adopté en juillet 1874 sous le nom de fusil Mle 1874 calibre 11 mm. Consulté par le ministre en 1878 au sujet des armes à feu à répétition, dont certaines sont en service à l’étranger, le Comité donne un avis trop prudent : « Il convient d’attendre que de nouveaux progrès aient rendu plus marqués les avantages que peut procurer une pareille arme et fait disparaître les sérieux incon- vénients qui peuvent lui être reprochés. » La marine décida de remplacer par un fusil à répétition le fusil Chassepot qu’elle utilisait depuis 1867. Elle choisit le fusil autrichien Kropatschek, à magasin dans le fût, avec la cartouche du fusil Gras.

[1] poudres de commerce qui, depuis 1865, relevaient des Finances, et poudres de guerre qui continuaient à dépendre de l’artillerie


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