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2- Le général La Hitte et le système de La Hitte
 

Le général de La Hitte (1789-1878)

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Jean Ernest Duclos de La Hitte, né en 1789 près de Toulouse, entre à l’École polytechnique en 1807 et rejoint en 1809 l’École d’application de l’artillerie. Affecté à l’armée des Pyrénées il prend part aux combats en Espagne. Capitaine en second en 1813, il sert à la manufacture d’armes de Mutzig.

Aide de camp du général baron Berge, il suit ce dernier, commandant l’artillerie de l’armée des Pyrénées du duc d’Angoulême, lorsque Napoléon, débarqué à Golfe-Juan, arrive à Paris le 20 mars 1815. Destitué par décret impérial du 28 mars, il est réintégré en juillet, promu chef d’escadron le 29 août, admis dans la Garde royale puis promu lieutenant-colonel en 1819.

En 1823, aide de camp du duc d’Angoulême lors de l’expédition d’Espagne, nommé chevalier de Saint-Louis, promu colonel le 6 juillet, il commande l’artillerie à la prise du Trocadéro.

Promu maréchal de camp (général de brigade) en 1829 après avoir commandé l’artillerie de l’expédition en Morée, il commande en 1830 l’artillerie du corps expéditionnaire en Algérie. Mais, un mois plus tard Charles X est détrôné et La Hitte est mis en disponibilité.

En 1837, il demande à reprendre du service. Il dirige l’École d’artillerie de Besançon puis commande l’artillerie de l’armée d’Afrique. En 1840, il est général de division, inspecteur général des troupes d’artillerie d’Afrique et membre du Comité de l’artillerie.

En mai 1848, il prend la présidence du Comité. Il doit l’abandonner en 1849 pour recevoir le portefeuille des Affaires étrangères et régler un différend sérieux avec l’Angleterre. Élu député du Nord, il démissionne 6 mois plus tard pour reprendre la présidence du Comité. C’est lui qui fait mettre au point le canon-obusier de l’Empereur.

Sénateur en 1852, Grand-croix de la Légion d’honneur et médaillé militaire en 1853, il atteint la limite d’âge de 65 ans en 1854. Maintenu néanmoins à son poste jusqu’en 1864, il dirige la réalisation du matériel Mle 1858 qui porte son nom.

Il avait été décoré par Napoléon III de la médaille de Sainte-Hélène en 1857... 42 ans après sa destitution par Napoléon 1er.

Il décède le 22 septembre 1878 à Gragnague (Haute-Garonne).

Le système de La Hitte

En 1844, avaient eu lieu en Suède des essais de canons en fonte de fer, rayés et chargés par la culasse, fabriqués par la fonderie suédoise Wahrendorf sur les plans du capitaine piémontais Cavalli.

Des tirs, effectués en Angleterre avec ces canons, n’ayant pas été satisfaisants, le Comité se tourne vers le système proposé en 1847 par le capitaine d’artillerie Tamisier dont l’obus oblong est muni d’ailettes prenant les rayures lors du chargement par la bouche. Les essais amènent à remplacer les ailettes par des tenons fixes et à adopter un tracé des rayures proposé par Treüille de Beaulieu. On se hâte alors de rayer les pièces de 24 pour qu’elles aillent intervenir au siège de Sébastopol. Mais la paix survient.

Essayés sur des pièces de 6 dont les arsenaux possèdent un certain nombre dans leurs réserves, les tenons fixes donneraient satisfaction s’ils ne détérioraient pas l’âme des tubes. Le général de La Hitte, président du Comité, fait remplacer le tube de 6 par un tube de 4 et modifier le tracé des rayures.

Aux essais, la pièce de 4 rayée est jugée excellente et une batterie est préparée pour l’expédition de Kabylie.

Pour éviter un battement dans l’âme, le chef d’escadron de Beaulieu réalise une pièce de 4 rayée dont les obus portent 2 tenons par rayure. Un système est finalement adopté en mars 1858, avec cette pièce de 4 pour l’artillerie de campagne, celle de 12 rayée pour l’artillerie de siège et place, celle de 24 pour l’artillerie de côte et place.

L’Empereur décide que ce système portera le nom du général de La Hitte. Ces matériels seront utilisés pendant la campagne d’Italie de 1859 et s’y montreront techniquement très supérieurs à l’artillerie lisse autrichienne.


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