L’organisation de l’Artillerie > Tome B- Approches détaillées > 4- Organisation du XVIIIè siècle - Le Corps Royal de l’artillerie > B- Au XVIIIè siécle l’administation directe de l’artillerie par Sa Majesté le roi >
3- Les garde côtes et l’artillerie des colonies
 

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Création des 7è régiment du Corps royal, puis, à la Révolution, du 8è régiment de canonniers.

Les canonniers garde-côtes

L’ordonnance du 13 décembre 1778 créa aussi un corps de canonniers garde-côtes destiné au service des batteries, des corps de garde et des signaux de la côte. Ce corps était composé de 103 divisions en 421 compagnies de 50 hommes chacune (quelques-unes de 100 hommes), au total 21 420 hommes.

Ils étaient recrutés par tirage au sort dans les paroisses garde-côtes, en présence d’un des 12 commissaires des guerres désignés à cet effet.

Sept inspecteurs généraux étaient désignés pour se partager les côtes (Picardie et Normandie jusqu’au Hvre - du Havre à la Bretagne - Aunis, Saintonge et Poitou - Guyenne - Roussillon - Languedoc et Provence). Leurs fonctions étaient « suspendues pendant la paix ».

L’artillerie des colonies

Le domaine colonial français était, au début, indépendant de la couronne. Les grandes compagnies commerciales (des Indes occidentales ou orientales, ou du Canada) en assuraient la défense. Elles avaient reçu pour cela l’autorisation de fondre ou d’acheter des canons, de lever et de solder des troupes. L’artillerie, devant des adversaires désarmés, n’avait qu’un petit rôle.

En 1664, le roi est amené à prendre à sa charge la défense des territoires d’outre-mer contre la convoitise des autres grands États. Il y détache, pour y tenir garnison, des unités métropolitaines. En cas de péril, ces forces royales sont aidées par une milice (colons et personnel des compagnies) organisée et instruite par les soins des gouverneurs. Les miliciens étaient, pour beaucoup, des soldats qui avaient été libérés sur place et y avaient fait souche. On cite le régiment de Lorraine, dont la plupart des libérables restèrent au Canada en 1668 et furent les fondateurs du Canada français.

Le matériel d’artillerie de ces colonies provenait, en majorité, des navires désarmés ou capturés. Les canons étaient servis par quelques canonniers du roi, des miliciens et des auxiliaires indigènes.

Lorsqu’une flotte anglaise attaqua Québec en 1690, les canons de la défense furent servis avec efficacité par les séminaristes de la ville.

Quand la flotte royale était présente, ses canons participaient évidemment à l’action, et la défense terrestre était renforcée par la « descente » (le débarquement) de quelques pièces et de leurs servants ; mais si l’artillerie de la marine effectuait des « descentes », elle ne tenait pas garnison.

A partir de 1720 le Corps royal de l’artillerie détacha une demi-douzaine de batteries dans les colonies d’Amérique et quelques dizaines de canonniers dans l’Inde.

Lorsque Choiseul, en 1761, fit absorber le Corps royal de l’artillerie de la marine par le Corps royal de l’artillerie (de terre), ce dernier forma, par amalgame des personnels des deux corps, trois nouvelles brigades destinées au service dans les colonies. Lorsque la fusion cessa, en 1764, les restes de ces brigades furent réunis dans la brigade de Cosnes, futur régiment de Toul au Royal artillerie, qui deviendra le septième régiment d’artillerie de terre.

En 1784, le maréchal de Castries, ministre de la Marine, crée le Corps royal de l’artillerie des colonies avec des éléments du Corps royal de l’artillerie, dont les compagnies déjà détachées aux colonies. Ce régiment prend le service des ports et des colonies. Il deviendra en 1791 le 8e régiment de canonniers, qui sera en 1816 le régiment de Rennes et en 1820 le 8e régiment d’artillerie à pied.

Dès lors le service des colonies sera repris par l’artillerie de terre, dont les unités passeront, pendant leur séjour outremer, aux ordres de la marine et seront alors complétées par des unités d’artillerie de la marine dans les diverses expéditions de la Révolution et de l’Empire. Il passera à l’artillerie de la marine en 1816, reviendra à l’artillerie de terre en 1825 pour retourner définitivement à l’artillerie de la marine en 1829.


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