L’organisation de l’Artillerie > Tome B- Approches détaillées > 2- Organisation du XVIè siècle, actions des grands maîtres de l’artillerie >
0- Rappel sur la grande maîtrise du XVè siècle
 

Avec le développement de l’artillerie, ses matériels posaient des problèmes de technique, de production, de gestion et d’emploi, et ces problèmes grandissaient tellement qu’ils changeaient de nature. Ils sortaient du stade artisanal, faisant apparaître la nécessité d’un grand personnage qui aurait la responsabilité de l’ensemble et qui s’y consacrerait.

Ce sera le Grand maître de l’artillerie. Pendant près de trois siècles, l’histoire de l’Office correspondant va se confondre avec l’histoire de l’artillerie en France.

Pour une telle tâche, la grande maîtrise des arbalétriers était aussi mal adaptée que mal nommée. De plus, depuis le conflit qui s’était élevé en 1411 entre le grand maître et les maréchaux pour savoir à qui appartenait « la connaissance des archers et canonniers », son autorité avait été gravement amoindrie.

En 1478, Louis XI laissa s’éteindre, avec son titulaire, la grande maîtrise des arbalétriers. En 1479, il apprit l’importance que le duc de Bourgogne, donnait à son « maistre général de l’artillerie » et, le 5 décembre, il confia au sien le soin des bandes de l’artillerie qu’il allait faire réunir avec .les autres « bandes » au Pont-de-l’Arche.

L’homme choisi fut Jacques Richard de Genouillac, surnommé Galiot, seigneur de moyenne naissance mais guerrier de renom et artilleur confirmé. Il sera maintenu dans sa charge, à la mort de Louis XI, par la régente Anne de Beaujeu. Il conservera cette charge jusqu’à sa mort en 1493.

Il fut communément appelé « grand maître » ; mais ce titre ne fut reconnu officiellement qu’au maître général suivant, Guy de Lauzières. Encore ne trouve-t-on le titre de grand maître que dans les « provisions » que Louis XII octroya en 1504 à Busserade, successeur de Lauzières : « ... à cause de la longue expérience de notre... féal cousin Paul de Busserade, chevalier, seigneur de Cépy, octroyons par les présentes l’état et office de grand maître de notre artillerie, que souloit (était réputé) tenir et exercer le dit feu Guy de Lauzières, ..., les mêmes prérogatives qu’avaient Guy et ses prédécesseurs. C’est à savoir d’avoir regard et superintendance tant sur les canonniers, aides de canonniers, charpentiers, forgeurs, chargeurs, déchargeurs et autres officiers d’icelle artillerie et l’entretien des bastons (armes), poudres, boulets de fer et autres provisions et munitions de la dite artillerie, avec pouvoir de distribution et délivrance d’iceux, et aussi de mener ou faire mener, conduire et exploiter pour notre service, et en nos armées et sièges, la dite artillerie, et faire faire la dite délivrance de matière comme de salpêtre, soufre et plomb, poudre et boulets, pics, pelles, etc., ordonner ou disposer des gages et salaires des charretiers, chevaux, conducteurs, pionniers, ou de tous autres frais et dépenses extraordinaires d’icelle artillerie ».

Ainsi, il existait désormais un grand maître, seul responsable, devant le roi, de la réalisation et de la gestion des armements, de la conduite de l’artillerie en guerre, du personnel ordinaire et extraordinaire de l’artillerie et du paiement de toutes les dépenses correspondantes.

En guerre, il marchait toujours avec le monarque, ayant sa tente à côté de la sienne pour être le premier à recevoir ses ordres.


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